ORA

Un dimanche polynésien, le temps suspendu alors que j’ai laissé filer des semaines depuis ta dernière visite. Abandonné l’hiver métropolitain, sa grisaille si nevrosante, sa chape de plomb qui te consume intérieurement, l’été éternel m’ouvre ses bras, colore ma peau, illumine mon visage des sourires que je contemple chaque jour. Des savates aux pieds, un short et un tee shirt sont mes vêtements du quotidien. Je foule le sol du Fenua, heureux comme jamais. S’enivrer de la simplicité comme tu respires le tiare, voir de la beauté à chaque coin de rue comme un tatouage sur cette peau satinée par le monoi aux multiples vertus, faire fi des conventions geolieres et ne pas s’étonner de voir ses jeunes papas torse nu lors d’une consultation pour leur jeune bambin aux joues bien remplies riches du lait de titimama. Les perroquets ne volent plus… Je te l’assure… Ils nagent dans le lagon. Je ne peux plus crier que l’eau est froide quand je m’abandonne dans cette aquarelle de mille nuances de bleu. Des nuages lourds d’humidité pleurent parfois sur cette terre fertile, sacrifice nécessaire pour les offrandes de la luxuriante diversité naturelle. De la coco fraîche, tout juste râpée, que tu presses dans un torchon pour en extraire ce liquide blanc, délicieucement sucré, et en napper tes généreuses bananes Fei à la robe si orangée qu’elles en degorgent dans d’autres liquides… physiologiques. Des mangues par centaines… Des avocats énormes et mûris à coeur que tu pleurerais de jalousie quand tu echoues laborieusement ton guacamole. Des litres et des litres d’eau se sont abattus pendant plusieurs jours volant le soleil, laissant place à un ciel terne, menaçant, sans fin… Et tu comprends alors à quoi ressemble vraiment la saison des pluies… Mais qu’importe l’astre rayonnant en sort toujours vainqueur. L’été est salvateur. Tu souris même en essayant de rejoindre ta voiture… Comme un con…. Parce que ton parapluie…. se repose tranquillement au fin fond de la malle. Quinze secondes…. Pour prendre une douche chaude, les pieds dans tes savates baignant dans ces torrents formés en un rien de temps. Tu souris parce que tu sens ce bonheur qui te berce depuis ce premier jour. 27 degrés….18h15.

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2 réflexions sur “ORA

  1. Que du bonheur de te lire
    Ça donne envie, je m’evade Le temps d’une si jolie lecture
    Je t’embrasse
    Tiphaine

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